Que veut dire avoir le syndrome du sauveur et comment s’en sortir ?

 

Le syndrome du sauveur, c’est un comportement relationnel que l’on trouve dans le triangle dramatique, aka le triangle de Karpman.

Dans ce triangle, on trouve le syndrome du sauveur, mais aussi le bourreau, et la victime.

Dans une relation, on peut se retrouver aux trois points successivement, et la personne en face se retrouve sur un autre point.

Le sauveur se sent investi d’une mission : sauver l’autre. Il va intervenir dans la vie de quelqu’un pour l’aider, pour trouver des solutions et pour le sortir de son problème. A première vue, c’est un acte généreux et bienveillant. Mais… le sauveur, inconsciemment, attend de son acte héroïque une reconnaissance. La victime, aidée par le sauveur, y trouve son compte : elle peut pleinement incarner son rôle de victime.

Mais cette relation peut aller plus loin. Un jour, la victime se rend compte que le sauveur n’est pas là quand elle en avait besoin. Plusieurs cas de figure se présentent :

 

  • Elle va en vouloir au sauveur, qui va culpabiliser…et se défendre, parfois de façon virulente, en cherchant à remettre la faute sur la victime parce que le sauveur ne supporte pas d’avoir manqué à son devoir : il se transforme en bourreau.
  • Elle va en vouloir au sauveur et l’accuser de ne pas avoir été présent, désormais, tout est de sa faute, elle va le faire culpabiliser et lui en vouloir : elle se transforme en bourreau, et le sauveur en victime.

Voyez comment deux personnes peuvent prendre à leur tour chacune des trois positions.

 

Bien sûr, derrière chaque rôle se cachent des blessures. Le sauveur ne trouve pas sa victime par hasard, il a un besoin de réparer, de se repentir de quelque chose et la victime a besoin de trouver une solution en dehors d’elle pour régler ses problèmes (et ainsi, éviter de porter la responsabilité de ses choix).

Bien sûr, il y a de vraies victimes et de vrais sauveurs dans la vie, sur des situations ponctuelles. On parle ici de jeux de rôle dans les relations. Dans les relations…toxiques.

Une relation victime sauveur peut aussi se retrouver en thérapie, c’est pourquoi il est important de remettre au centre le patient et ses responsabilités et de ne pas se positionner en sauveur lorsque l’on est thérapeute, médecin, psy etc..

 

Comment sortir du rôle de sauveur ?

Il y a derrière ce rôle une grande culpabilité, et un besoin de se racheter, de reconnaissance.

On pourra aller chercher, lors d’une thérapie, pourquoi il y a ce besoin, qu’est ce qu’il cache. Chaque personne est différente, chaque histoire l’est aussi. Il n’est pas possible de créer une formule magique adaptée à tous pour en sortir. Le travail sur soi est important pour reconnaître à quel moment on se met dans ce rôle.

Attention : Il est possible d’aider, de donner un coup de main, de soutenir sans être dans le rôle de sauveur. La posture sera différente, ici on n’attend pas d’être reçu en héros, mais dans une relation linéaire, dans un échange. On ne vient pas combler la détresse d’un autre. En se positionnant non comme sauveur mais comme soutien, parfois comme ami, on ne se place pas garant du résultat. Et ça fait toute la différence. Pour la victime, elle aura aussi un travail à faire sur son pouvoir personnel, sur son estime et sa confiance en soi.

 

 

Si vous souhaitez travailler sur ce sujet, nous pouvons en parler lors d’un rdv.